Floutant les limites entre design, recherche et art contemporain, la pratique de Thibault Philip se base sur la sémantique des biomatériaux, la résurgence d’artisanats oubliés, le réemploi industriel et la friction entre animalité et humanité. Vouloir faire avec le vivant semble obligatoirement venir avec une forme de radicalité. En ce sens la pratique de Thibault Philip ne convoque que des matériaux aussi riches et terme de symbolique et de pouvoir évocateur que de potentiels techniques.
Considérant que les savoir-faire préindustriels peuvent insuffler de nouvelles dynamiques dans les pratiques contemporaines, il déporte des techniques anciennes sur un matériau lui aussi archaïque : les intestins. Rebuts de l’industrie agroalimentaire, ce matériau, lié au territoire qui le génère, dépassant la recherche et l’expérimentation pour faire langage par le matérialité et les évocations.
Cherchant à valoriser les échanges et le design comme support de partage, cette pratique convoque des scientifiques du CNRS afin de catégoriser la matière, des éleveurs sur divers territoire pour comprendre le sensible derrière le matériau, des artisan·es divers·es pour croiser les gestes... Aller dans la transdiplinarité permet de connecter les savoirs et les dynamiques par le partage.
Cette pratique tend à en montrer la délicatesse, la finesse et la transparence de matérialités oubliées. Sortant d’un greenwashing mensonger omniprésent autour des biomatériaux, le but de Thibault Philip est de faire pratique en retournant dans des procédés circulaires de nature-culture-production. Cette méthodologie passe par des gestes simples proches de l’école du Do-Make hollandais sur un principe de valorisations de chutes du territoire.
Travaillant par collections et pièces uniques, je collabore avec des architectes comme Lendager (DK), Studio KO (FR) ou VeraIconica (USA), des galeries comme Philia (USA), Boketto (FR, PL) ou l’Œil de KO (FR), et des partenaires comme l’Institut français (NL), Brutus (NL), Kazerne (NL), Overgaden (DK), Superflux (FR) ou l’Usine Utopik (FR).